Fuite en avant… collective

Je me suis rendue au plateau le 30 Avril dernier. J’y avais une séance de travail, dans l’une des tours. Dans l’ascenseur nous n’étions qu’une maigre dizaine à l’aller. J’étais tenter de dire « ouf, aujourd’hui, il y a moins de monde ». A nouveau dans l’ascenseur pour le départ cette fois, c’est comme si tout le plateau s’y était donné rendez-vous. Précisément dans l’ascenseur où je me trouve.

Pendant que nous marchions tranquillement pour gagner la sortie, nous étions pratiquement bousculés ; comme si nous étions sur le passage, ce qui n’était pas le cas. Agacée, j’ai changé de place et j’attendais de laisser passer les gens. Ce que j’ai vu m’a fait peur d’abord, m’interroger ensuite et m’a scandalisée quand j’ai compris ce qui se passait.
Des femmes, des hommes se dépêchaient de sortir du hall. Je me disais qu’il y avait certainement un problème dans l’immeuble pour qu’ils soient si pressés. Certains auraient couru s’il n’y avait pas eu devant eux autant de personnes. Je n’avais pourtant pas entendu d’alarme. A mon collègue j’ai posé la question :

– Pourquoi tout le monde fuit l’immeuble ?
– Rien, c’est journée continue aujourd’hui.
– Pourquoi, je croyais que c’était férié demain ?
– Oui demain c’est la fête du travail, mais aujourd’hui c’est journée continue…

C’est pour la journée continue que des parents, travailleurs, fonctionnaires fuient leur lieu de travail ? comme si on venait de libérer de leurs chaînes des bagnards. Le poste qu’on occupe pour sortir la Côte d’Ivoire du sous développement, c’est lui qu’on fuit de la sorte…

Je n’aime pas trop cette comparaison dans le genre « ailleurs les gens travaillent tous les jours non stop… » j’estime que pour un repos mérité, on peut être soulagé de quitter le bureau. Mais le fuir, je pense que c’est un autre niveau. J’espère que je me trompe et qu’ils voulaient juste éviter l’embouteillage ou retrouver leur famille, mieux qu’ils voulaient rentrer tôt pour mieux préparer le long week end qui s’annonçait.
Mais si toutefois, le travail fait fuir, qu’est ce qui les attire et à quand la liberté ? C’est le travail qui rend libre, à moins que cette vérité soit désuète dans la conscience collective.

En attendant, je suis inquiète pour la Côte d’Ivoire mais je fais le choix d’y croire. De toute façon, la foi ne rend pas les choses faciles, elle les rend possibles…

Vanessa ABLE

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