Caprice d’Espoir (2)

caprice d'espoirElle s’était réveillée avec un affreux mal de tête. « Où suis-je ? Où est mon mari ? » Les médecins se lançaient des regards de satisfaction. L’opération était un succès. Mais,Thérèse Kissy avait une autre préoccupation.

–         Pourquoi, je suis à l’hôpital ? Où est passée ma famille?

–         Reposez-vous madame Kissy, vous avez eu beaucoup de chance, ce crash était parti pour vous tuer.

–         Un crash ? et Marc?

–         Reposez-vous.

Les médecins avaient mis trois jours pour reconstituer à Thérèse les faits. Du décès de ses jumeaux et de son époux, sa fracture au cou jusqu’à son admission à l’hôpital. Elle était désormais sortie d’affaire.

Thérèse avait décidé de sortir de son mutisme, mais avait toujours cette douleur au diaphragme chaque fois que lui revenaient les images de Cédric et Aurel. La douleur s’intensifiait lorsqu’elle qu’elle se retrouvait dans leur chambre à coucher. Il y avait encore leurs dessins et gribouillis.

Cédric était promis à un avenir de peintre, aimait-elle à penser aux vues des prouesses du gamin. Ce n’était pas le cas d’Aurel qui se contentait de gribouillis censés représenter son père. Elle avait réussi à pleurer. Enfin, après combien de temps ! Elle n’arrivait pas à extérioriser sa douleur.

Elle avait simplement le regard perdu et un sourire ambigu. Elle s’était découvert un amour des plus insolites pour la bouteille. Il n’y avait que ivre, qu’elle trouvait le sommeil. Elle avait fini par sombrer dans ce vice. Elle refusait de se l’avouer, mais elle était consciente qu’elle sombrait dans un abîme.

Pourquoi se porterait-elle mieux ? Pourquoi cesserait-elle de boire ? Quelle bonne raison avait-elle pour cesser de ruiner sa santé ? Elle n’avait plus ni mari, ni enfants. Les seuls êtres pour lesquels elle aurait donné sa vie avait disparus.

Ce matin-là, elle ne savait quelle force l’avait poussée à sortir de sa maison. Bizarrement, elle n’avait pas encore ressenti, cette envie d’alcool. Habituellement c’était un rituel. Elle fut éblouie par l’éclat généreux du soleil. Elle s’apprêtait à entrer chez elle, lorsqu’elle entendit une voix. « Tantie, j’ai faim. Tantie pardon, je veux manger ! » Elle lui jeta un bref regard furtif, puis retourna les talons. Ce qui avait suivi, l’avait désarmée.

A suivre…

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