A la pizzeria (2)

Supreme_pizzaDeux lunes s’étaient succédées et Carole parvenait à entretenir la conversation plus d’une heure. Elle mangeait correctement et finissait son assiette. Le soleil semblait sur le départ quand le médecin entrait dans la chambre, toisant Carole de son regard.

–          Comment va notre Carole ?

–          Je tiens le coup, docteur.

–          Tu n’en a pas marre d’être ici ?

–          Ah, docteur, c’est le moins qu’on puisse dire. Je voudrais retrouver ma maison et y demeurer le temps qu’il me reste.

–          En guise de réponse, le médecin afficha un sourire. Tes désirs sont des ordres.

–          C’est vrai docteur, je peux rentrer ?

–          Oui et j’ai une meilleure nouvelle.

–          Vous avez trouvé un donneur ?

–          Eurêka, tu es certainement la chance en personne. Un homme accidenté vient de rendre l’âme et ses parents ont consenti à vous donner l’organe

–          Pourquoi ?

–          Je crois Carole qu’il va falloir en discuter avec eux…

–          Excusez- moi docteur, j’avoue que je perds mes moyens. Quand pourrais-je être greffée ?

Carole avait repris vie, ses reins aussi. Elle était régulière à l’Eglise et avait même trouvé un emploi. Elle pouvait mettre en exercice ses talents de décoratrice. Elle était surtout devenue très proche d’Emile. Leurs liens étaient de plus en plus forts. Elle lui exprimait sa reconnaissance chaque fois qu’elle en avait l’occasion. Emile quant à lui, la couvrait de cadeaux.

Le temps passait, Emile nourrissait un désir fort de fonder une famille, surtout convolé en noces avec sa dulcinée de toujours. Il n’avait aucun doute sur la réciprocité de leurs sentiments. On ne pouvait devenir si proche sans le magnétisme d’un amour fort et bilatéral. Il décida de passer à la vitesse supérieure.

Il invita pour ce faire Carole, non sans avoir fait un tour à la bijouterie. Il l’avait invitée dans un restaurant italien. Elle était friande de Pizza. Il fit réserver tout le restaurant pour la soirée. C’était un endroit sobrement décoré mais qui n’en était pas moins luxueux. La musique y était douce. Elle caressait les sens. La pièce était spacieuse et intelligemment aménagée. Tout semblait être à sa place. La couleur rouge prédominait sans en faire trop. Et les soupçons de couleur or ne faisaient que rehausser le caractère somptueux. L’atmosphère était solennelle.

Carole était arrivée, dans une longue robe Rouge qui cadrait parfaitement avec le décor. Elle était légèrement maquillée. Ses longs cheveux avaient été réunis sur sa nuque ce qui faisait admirer sa face. Tout cela sanctionné par un sourire aussi naturel que magique. Le moindre pas qu’elle posait s’enrobait de volupté. Chacun de ses gestes couvait la grâce. Emile la savait belle, mais ce soir, il la trouvait sublime. Il retint son souffle et lui tira la chaise.

–          Bonsoir princesse.

–         Tout sourire, elle lui répondit bonsoir Cher prince Emile. C’est un honneur pour cette cendrillon que je suis ce soir !

–          Allez, oublions ces histoires de contes de fée. Comment vas-tu ?

–          Je vais bien, et cet endroit est magnifique. Merci de m’avoir invitée.

–          Ce n’est rien, Je me suis permis de commander avant ton arrivée.

–          Une pizza, avec du jambon de porc, et des olives.

–          J’ai bien appris la leçon ! très chère.

–          Nous sommes tous deux allergiques à l’alcool. Que veux-tu boire ?

–          Mais laisse faire le garçon et dis-moi le motif de tout ceci. Ce n’est pas dans tes habitudes d’être romantique. Tu es un villageois, se moqua Carole.

–          Je le sais, et je le revendique mais pour la circonstance j’ai voulu changer un peu. Et heureusement, tu aimes donc c’est parfait. Je ne sais par où commencer…

–          Ne t’inquiète de rien, le premier mot, je le considèrerai comme le début. A ta place je te jetterais tout à la figure. Carole sentait son ami, quelque peu crispé, et essayait de détendre l’atmosphère qui devenait un peu trop solennel.

–          Je veux…, tu voudrais…, est ce que…

–          Emile ! relax, tout va bien, parle.

–          Je veux… enfin je veux que tu acceptes de m’épouser. Je sais que je ne suis pas le plus bel homme que tu ais connu, mais je te garantis que je prendrai soin de toi.

Au même moment, le chef apporta lui-même la pizza. Carole tenta de trouver une échappatoire. Elle se lança dans un interrogatoire auquel, le cuisinier répondait avec le même professionnalisme. On se croirait à une interview.

A suivre…

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